Dans ce monde pipeur où les puissants reconnaissent « avoir une vie sexuelle libre », il convient d’éclairer la pipe pour éviter la peur. Âmes sensibles s’abstenir…
DSK reconnaît donc avoir « une vie sexuelle libre », mais il ajoute qu’un tel comportement n’a rien de rare dans la politique ou les affaires. Une fois encore la réalité dépasse la fiction. Ce mot de « libre » a quelque chose de terrible dans l’idéologie inconsciente qu’il dégage. Comme si un
homme pouvait, par le simple fait d’être puissant, s’absoudre de tout. Je fais ce que je veux, parce que je suis libre. Comportement ô combien éclairant d’un état d’esprit. Libre comme libéral, aveu du puissant dominant tout. Et l’on voudrait nous faire avaler les bienfaits du néolibéralisme au nom de la liberté de l’individu ?
A cette réflexion que j’ose à peine nommer préliminaire, un convive non loin de moi me sert un peu de vin, car la pensée ne peut atteindre la lumière sans avoir été au préalable fluidifiée. Un autre à ses côtés se met à chanter, plus loin l’autre bout de la table lui répond. On échange les plats. On se ressert. Les bouteilles se croisent et les verres basculent. Tout se partage dans la chaleur fraternelle et indescriptible de la bonne chair. Insatiable, Ma Dame se tourne de nouveau vers moi. Son regard me brûle et je m’abandonne sans honte au seul désir de lui plaire. Je bois à ses lèvres et c’est en elle que je retrouve la source. Il faut dire qu’elle a le sein ferme de ces femmes qui vous égarent et la chair généreuse de celles qui vous absolvent. Aussi, c’est au cœur de l’humain, bercé par la douceur et la sensualité de cette gardienne des hommes que je me laisse emporter dans les entrelacs de la pensée la plus pure. Satisfaite
des égards que je m’efforce d’avoir pour elle, elle me fait confidence :
« Sachez, me dit-elle, que quand une femme s’adonne à un homme politique, elle est le premier mois sa chambrière, le second elle est sa compagne et le troisième sa maîtresse. Et de fait, on a rapporté à ma connaissance le cas d’une chambrière qui allait servir chez Untel, me confirme Ma Dame pour l’exemple. Le premier mois, elle est si sage et si consentante que tout ce qu’il a est à lui. Si en sortant de l’assemblée, il la voit venir de chez un confrère, il lui demande :
- D’où venez-vous, Jeanne ?
- Je viens, lui répond-elle, de chez votre collègue chercher les dossiers que vous aviez laissés hier alors que vous soupiez chez lui.
Untel s’en félicite, me fait remarquer Ma Dame avec malice. Tout est encore à lui. Le mois d’après, il fait la même question en même posture. La chambrière lui répond de nouveau:
- Je viens de chercher les dossiers que nous avons laissés hier chez notre collègue où nous soupions.
Remarquons, me précise Ma Dame, que l’homme a encore sa part. Mais après, s’il l’interroge, sa compagne lui dira bien autrement :
- Vous voulez tout savoir ? Je viens de quérir mes dossiers que j’ai laissés hier soir chez mon collègue où j’ai soupé. »
Voilà, tout est à elle, s’exclame avec joie Ma Dame. Et Ma Dame de conclure comme après l’amour : qui fut pris qui croyez prendre. »
Sur l’art de devenir maîtresse et la vérité sur celles qui nous gouvernent…
Moralité, la queue du plus fort, n’en déplaise à La Fontaine, n’est pas forcément le meilleur moyen de gouverner. Ce qui sans trop s’éloigner du sujet donne un petit coup de fouet (que l’on me pardonne cet excès de liberté…) à mon désir de parité.
Baisecul [bεzky]. N. m. (déb, XXIe, de baiser, et cul). 1. Geste de politesse qui consiste à baiser le cul de tous ceux qui veulent notre bien. Faire le baisecul. 2. Baisecul est aussi l’adaptation libre du Moyen de Parvenir de Béroalde de Verville, auteur du XVIème siècle, et que l’on peut retrouver sur ce blog sous la forme d’épisodes à suivre. Les épisodes sont annoncés sur twitter.
Déclaration universelle des droits du grincheux pour éviter de se retrouver en slip : lien
Source des images :
Le FMI et la BCE : les nouveaux cavaliers de l’apocalypse: Lien
Les boites noires du Rio-Paris : Lien
Dessin Plantu – Le Monde 1996
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